EDITO

 

 

 

  « Ce qui vient au monde pour ne rien troubler ne mérite ni égards, ni patience. »

René Char       

Ne rien troubler, ne rien changer : est-ce vraiment le signe d’une existence réussie ?  Et si le vrai sens du « venir au monde » résidait dans cet espace de liberté (il nous en reste peu, après tout) qui a pour noms : ouverture au changement, disponibilité envers ce qui nous est inconnu, accueil de l’imprévu. Même si cette disposition d’esprit vient à bouger nos lignes, à déranger ce que nous pensions immuable, stable, rassurant. Et au-delà de cette disponibilité au « nouveau », dans la volonté de changer ce qui nous entoure, avec et parfois contre notre environnement.  Choisir de  « troubler » l’ordre des choses (dans la mesure, bien sûr où cela ne relève pas d’une attitude nihiliste ou bêtement rebelle,  donc vaine) quand la plupart d’entre nous craignent, au fond, de se défaire des aliénations qui les entravent, quitte à se déliter lentement, à se figer en statue de sel comme la femme de Lot, ainsi transformée parce qu’elle avait regardé en arrière, voilà un acte vraiment subversif aujourd’hui ! Mais plein de vigueur et de sève.Les femmes mystiques, histoire et dictionnaire ne nous parle que de ça : de l’existence incandescente d’héroïnes indomptables, qui à travers le temps, et avec plus ou moins de bonheur selon les époques qui les tolérèrent ou non, développèrent une union personnelle et ardente avec le divin. Souvent en marge des institutions. Me voilà donc honorée et ravie d’avoir contribué à cette entreprise de longue haleine (répertorier plus de 500 femmes mystiques de toutes les traditions, de l’Antiquité à nos jours) en rédigeant deux notices de ce dictionnaire inédit*, l’une sur Anne-Catherine Emmerich, visionnaire allemande (1774-1824) et l’autre sur la  philosophe Simone Weil (1909-1943), deux femmes aux antipodes l’une de l’autre mais réunies par leurs existences vouées à l’absolu. Deux sœurs ardentes qui ne craignirent jamais de « troubler » ni leur âme, ni leur époque. Car « troubler » c’est d’abord s’attaquer de pied ferme à soi-même, et tenter d’y déloger ce qui relève de l’ancien, du déjà mort en nous. Au fond, de ce dont nous avons porté le deuil trop longtemps.Le philosophe indien Krishnamurti l’avait bien pressenti lorsqu’il écrivait : « Sans transformation de l’individu, il ne peut y avoir aucune transformation radicale dans le monde. »

Florence Quentin

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  à Paraître Octobre 2014 

« Le Livre des Egyptes«   Collection « Bouquins », Robert Laffont.  Un ouvrage de 1000 page avec 50 contributeurs, dirigé par Florence Quentin, et qui traite de ce que cette civilisation nous a transmis, dans des domaines aussi différents que la culture, la religion, les imaginaires ou les sciences.

 PRIX ALEF 2013 : mention spéciale à « Isis l’éternelle, biographie d’un mythe féminin  »   

Le prix Alef 2013, décerné par l’association Les Libraires mieux-être et spiritualités, vient de récompenser par une mention spéciale Isis l’éternelle, biographie d’un mythe féminin, aux côtés de Christian Bobin pour L’homme-joie et de Thierry Janssen, pour Confidences d’un homme en quête de cohérence (Prix Alef 2013).

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Bruxelles 21 Janvier 2014. Conférence « Le mythe d’Isis, déesse auto-créatrice » organisation Université Libre de Bruxelles. Infos ici.


Woluwé – St Lambert (Belgique) 25 Janvier 2014. Conférence  » La Quête du Graal comme chemin initiatique intérieur« . Infos ici.


Paris – Forum 104 13 Février 2014. Conférence et soirée thématique
les Mythes de création du monde en compagnie de Marielle Garel, organisation par l’association Source. Infos ici. 

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                         (rubrique à venir)